LA DYSPLASIE C'EST QUOI ?
La dysplasie de la hanche est une anomalie de développement
(dysplasie) de l'articulation coxo-fémorale (hanche). Elle a été étudiée chez
plusieurs espèces, incluant l'homme, le chien et le chat. Contrairement à
l'homme, le chien naît avec une hanche normale, mais pendant la croissance
apparaissent des changements pathologiques qui mèneront éventuellement à une
dégénérescence articulaire (arthrose) coxofémorale. Elle est en fait la cause la
plus importante d'arthrose des hanches chez le chien.
Malgré les
programmes bien établis de dépistage de la dysplasie de la hanche et une
sélection rigoureuse des chiens reproducteurs, cette maladie continue d'avoir un
impact économique et émotionnel important pour les éleveurs et propriétaires de
chiens. La dysplasie de la hanche est une maladie complexe et encore
aujourd'hui, de nombreuses questions restent sans réponse.
Il y a t'il des races prédisposées?
Incidence de la dysplasie coxofémorale
La dysplasie de
la hanche peut affecter toutes les races de chiens, mais les chiens de grandes
races et de races géantes sont plus particulièrement prédisposés: Berger Picard,
Dogue de Bordeaux, Bouvier bernois, Berger allemand, Terre neuve, Saint-Bernard,
Briard, Beauceron, Leonberg, Rottweiler, Labrador, Golden retriever, Boxer,
Samoyède, Setters, Epagneuls, Cockers... On ne note chez le chien aucune
prédisposition de sexe. L'incidence de la dysplasie coxofémorale est variable
selon les races; Cependant,
il est difficile pour les Clubs de races de connaître l'incidence réelle de la
dysplasie de la hanche dans leur race, car souvent les propriétaires n'envoient
pas pour lecture les radiographies des chiens dysplasiques.
Les chats
peuvent aussi être occasionnellement touchés par la dysplasie de la hanche,
comme en témoignent quelques (rares) radiographies montrant une arthrose des
hanches. Mais l'incidence réelle de la dysplasie chez le chat n'est pas connue,
et aucun programme de dépistage n'est entrepris à l'heure actuelle.
Quelles sont les causes de la dysplasie?
L'étiologie (causes) de la dysplasie de la hanche, et la progression
de la maladie, sont sous l'influence de plusieurs facteurs. A ce jour, la
majorité des spécialistes s'accorde pour dire que la dysplasie de la hanche est
une maladie d'ordre génétique, héréditaire, dont l'expression ainsi que la
progression sont influencés par des facteurs dits
environnementaux.
La dysplasie de la hanche,
maladie génétique
La génétique de la dysplasie de la hanche
est encore peu connue. De nombreux gènes sont sans doute impliqués dans le
développement de la maladie, et chacun de ceux-ci contribuerait en partie à
l'expression du phénotype. Un "effet additif" est probable: il faut
l'addition d'un certain nombre de gènes défavorables pour que la maladie
s'exprime. Si le nombre de gènes défavorables est en deçà d'un certain seuil, la
maladie ne s'exprime pas (chien radiologiquement indemne, mais pouvant
transmettre ces gènes défavorables à sa descendance).
Le laboratoire
Antagène effectue des recherches, en partenariat avec les Clubs de races, pour
déterminer les gènes responsables de la dysplasie coxofémorale dans les deux
races suivantes: Briard et Leonberg.
Le bagage génétique prédétermine la
configuration du bassin du nouveau-né. Il influence par conséquent la forme, la
structure, les relations anatomiques de l'articulation coxofémorale, la laxité
articulaire, l'innervation, la localisation et l'importance de la masse
musculaire, le développement et le remodelage de la tête fémorale, du col
fémoral, du grand trochanter et des structures osseuses pelviennes
adjacentes. L'expression de ces gènes, le phénotype, peut être
modifié par des facteurs non génétiques (environnementaux). Ces facteurs
environnementaux ne peuvent à eux seuls causer la dysplasie de la hanche
. Ils peuvent en revanche influencer l'apparition et la sévérité de la
maladie.
Phénotype= génotype + facteurs
environnementaux.
Donc, le phénotype (apparence radiologique de
l'articulation coxofémorale et symptômes) d'un chien ne représente pas
nécessairement son génotype. Une étude faite sur une importante population de
chiens a démontré que l'incidence de la dysplasie de la hanche était de 85% chez
des chiots issus de deux parents dysplasiques, comparé à 52% lorsqu'un seul
parent était dysplasique et 37,5% lorsque les deux parents étaient
radiologiquement normaux. Un chien de phénotype normal peut donc produire des
chiots dysplasiques (d'autant plus qu'il y aura beaucoup de dysplasiques parmi
ses frères et soeurs et ses ascendants). Ainsi, même si votre chien est
radiologiquement normal, il est risqué de le faire reproduire si plusieurs de
ses frères et soeurs ou parents sont touchés par cette
affection.
L'utilisation successive de sujets reproducteurs
phénotypiquement normaux, de génération en génération, a permis de diminuer
significativement (de 39% à 17%) l'incidence de la dysplasie de la hanche chez
une lignée de Bergers allemands (période de 3,5 ans).
Ceci met en relief
la complexité de la génétique de cette maladie mais aussi l'importance d'une
gestion rigoureuse de la reproduction des races à risques
Il
semble donc réaliste de penser qu'une politique de prévention apporte un mieux à
la race, néammoins, n'oublions pas que pour plus de 90 % des
naissances LOF aucun des parents n'a été radiographié, sans bien évidemment
parler des nombreuses naissances non-LOF.
Les facteurs environnementaux :
L'ajout de "stress environnementaux" à une hanche génétiquement
prédisposée peut significativement influencer le développement de celle-ci. Il
est présumé que la susceptibilité d'un individu à ces facteurs environnementaux
est sous influence génétique.
De nombreux facteurs
environnementaux interviennent dans l'apparition clinique de la dysplasie
coxo-fémorale et avec des effets importants.
Deux chiens peuvent posséder le même génotype favorisant l'apparition de la
maladie, mais si ces deux chiens n'ont pas le même mode de vie, l'un
pourra exprimer la maladie tandis que l'autre non !
Facteurs nutritionnels
La nutrition peut, selon certaines études, influencer le
développement d'une dysplasie sur une hanche génétiquement prédisposée.
L'influence d'une composante spécifique du régime alimentaire est difficilement
évaluable sans modifier l'ensemble des proportions de ce régime. Ceci explique
les résultats ambigüs et discutables de plusieurs études. En revanche, certains
points importants ressortent de ces études:
- Déficiences
alimentaires
Aucune déficience alimentaire connue ne semble
favoriser le développement de la dysplasie de la hanche.
-
Suralimentation:
Un excés de consommation calorique chez le
chiot, qu'il soit sous forme de protéines, de glucides ou de lipides,
potentalise la rapidité de la croissance (dans les limites de la génétique) et
le gain de poids corporel comparé aux chiots nourris avec une diète normale ou
restrictive. Celà favorise l'apparition et augmente la sévérité de la
dysplasie de la hanche chez les chiens génétiquement prédisposés. Cette
suralimentation est critique dans les six premiers mois de vie du chiot et les
risques qui y sont associés augmentent chez les individus avec une croissance
corporelle particulièrement rapide.
- Méthode
d'alimentation:
Un accés illimité (ad libitum) à la nourriture
favorise une croissance (dans les limites de la génétique) et un gain de poids
rapide chez le chiot. Ceci favorise l'apparition et augmente la sévérité de la
dysplasie de la hanche chez les chiens génétiquement prédisposés.
-
Cacium et vitamine D:
Un taux élevé de calcium dans la ration
alimentaire diminue l'activité ostéoclastique retardant ainsi l'ossification
endochondrale et le remodelage osseux.L'excés de vitamine D a un effet indirect,
mais similaire sur le squelette à un excés de calcium puisqu'il augmente
l'absorption intestinale du calcium. L'excés de calcium et de vitamine D peut
contribuer au développement de maladies orthopédiques de croissance.
-
Vitamine C:
Le chien synthétise naturellement de la vitamine C,
éliminant ainsi la nécessité d'un supplément. Il n'y a aucune étude scientifique
qui démontre l'effet bénéfique d'une supplémentation en vitamine C chez le chiot
pour la prévention de la dysplasie de la hanche.
- Anions non
mesurés:
La modification en anions non mesurés (anions gap) de la
ration alimentaire peut diminuer le volume du liquide synovial, et par
conséquent améliorer la stabilité articulaire et potentiellement modifier
favorablement le développement de la hanche.
L'exercice
Il est logique de penser que l'exercice puisse influencer le
développement d'une dysplasie sur une hanche génétiquement prédisposée puisque
tout excés de stress subi par cette articulation anormalement laxe aura le
potentiel d'induire des lésions au cartilage articulaire. Ainsi, la montée
des escaliers, les sauts, les exercices de montée de palissades, les galops à
outrance ne sont pas conseillés pendant la croissance des grandes
races.
En contrepartie, l'activité physique peut aussi avoir un effet
bénéfique car elle diminue le risque de surpoids, et de plus elle favorise le
développement et le maintien d'une masse et d'une force musculaire s'opposant à
la laxité articulaire et stabilisant la hanche. Ainsi, un exercice normal
dans un jardin, avec des ballades à pied, en marchant, sont bénéfiques pour le
chiot en croissance, ainsi que la natation. Au contraire, une vie confinée dans
un appartement ou un box n'est pas indiquée pendant la
croissance.
Encore une fois: Ne
confondant pas, exercice excessif et confinement + absence d'exercice ne
permettant pas le développement des muscles.
Autres causes
- Accidents:
De chiots qui,
ayant eu une fracture sur un postérieur vers 3 à 5 mois, ont développé par la
suite une dysplasie de la hanche de l'autre postérieur, sur lequel il ont
pendant plusieurs semaines reporté tout leur poids, exposant ainsi la hanche à
des forces et contraintes excessives.
Cette cause de dysplasie
n'est généralement pas prise en compte par les spécialistes du sujet en médecine
vétérinaire. Mais ces mêmes personnes s'interrogent sur les DCF unilatérales. En
effet, ces cas qui contredisent une origine uniquement génétique ou
environnementale, sont loin d'étre en quantité négligeable ! (
environ 10 % )
Des chutes,
des chocs brutaux au niveau du bassin lors de la croissance peuvent provoquer
des dégats sur des ossatures non encore solifidiées.
- Les hormones:
Il
n'y a aucun preuve scientifique que les hormones (oestrogènes, relaxine,
hormones de croissance, parathormone, insuline), lorsque présentes en quantité
physiologique, influencent le développement de l'articulation
coxofémorale.
Pour conclure, l'existence bien réelle de ces
facteurs environnementaux dans l'apparition et la sévérité de la dysplasie de la
hanche ne doit pas faire oublier que lors d'une dysplasie de la hanche, il y a
toujours prédisposition génétique. Un chien ne peut être devenu dysplasique
uniquement à cause d'un "mauvais environnement" pendant sa croissance.
Nous venons tout simplement
d'expliquer comment faire pour que votre chien ne développe pas une dysplasie
coxo-fémorale même si il est prédisposé génétiquement à le faire !
A l'heure actuelle,
personne n'est capable de faire la différence entre un chien réellement
indemne génétiquement, et un chien n'ayant pas développé une dysplasie
coxo-fémorale bien que génétiquement prédisposé(e).
Ceci ne peut nous amener qu'à encore plus de
prudence !
Mécanismes de développement de la dysplasie
La hanche normale
L'articulation coxofémorale est formée du col fémoral, de la
tête fémorale et de l'acétabulum. Leur stabilité ainsi que leur bon
fonctionnement sont assurés d'une part par la conformation propre de cette
articulation, et d'autre part par l'effort concerté de la masse musculaire
(extenseurs, flachisseurs, abducteurs et rotateurs), de la capsule articulaire
et du ligament de la tête du fémur).
Hanche normale = conformation
normale des structures osseuses (col, tête, acétabulum) + absence de
laxité.
Lorsque le membre est mis en charge (appui), il y a
transmission des forces du fémur vers le bassin par le biais de la tête fémorale
et de l'acétabulum. Il y aura répartition des forces et des stress au niveau de
la surface articulaire coxofémorale chez le chien normal. Le cartilage
articulaire assure l'absorption des chocs et leur transfert vers l'os
sous-chondral tout en permettant un "glissement fluide" des surfaces
articulaires.
La hanche dysplasique
Le chiot génétiquement prédisposé à la dysplasie de la hanche
naît avec des hanches normales. Mais son bagage génétique défavorable le
prédispose à des changements pathologiques qui interviendront pendant sa
croissance, et qui mèneront, à plus ou moins long terme, à une dégénérescence
articulaire. Ces gènes défavorables favorisent une laxité articulaire, et une
mauvaise anatomie de la hanche (angle cervico-céphalo-diaphysaire trop ouvert,
couverture dorsale insuffisante...).
Dès le bas-âge, on note l'apparition
d'une laxité articulaire (étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral) chez
de nombreux chiens dysplasiques. La laxité articulaire coxofémorale est un
facteur prédisposant significatif dans le développement de la dysplasie de la
hanche. Elle représente le début de la cascade de tous les évènements qui
mèneront à la dégénérescence articulaire (cf schéma ci-dessus).
La cause
exacte de cette laxité articulaire n'est pas encore définie (primaire ou
secondaire). Plus encore, il n'est pas expliqué pourquoi certains chiens,
démontrant une laxité importante en jeune âge, ne développent jamais d'arthrose,
alors que d'autres, avec moins de laxité, évoluent vers la dégénérescence
coxofémorale. L'hypothèse la plus vraisemblable qui pourrait expliquer ce
phénomène fait mention de deux types différents de laxité articulaire: la laxité
passive, et la laxité active ou fonctionnelle:
- laxité
passive: C'est un mouvement anormal (subluxation) de la tête fémorale par
rapport à l'acétabulum mis en évidence lorsque la masse musculaire de la hanche
est au repos (sous anesthésie générale). La mise en évidence d'une laxité
passive au niveau de la hanche ne signifie pas automatiquement le développement
d'arthrose. En règle générale, plus la laxité coxofémorale passive est
importante, plus grandes seront les chances que cette hanche se développe
anormalement. L'inverse est aussi vrai, plus cette hanche est stable, meilleures
seront ses chances de se développer normalement. Elle se mesure par palpation
(recherche d'un signe d'Ortolani sous anesthésie générale), ou par radiographie
selon le procédé PennHIP.
- Laxité dynamique: C'est un
mouvement anormal de la tête fémorale par rapport à l'acétabulum (subluxation
dorsolatérale) lorsque le membre est mis en charge (appui, marche, trot,
course...). La laxité coxofémorale dynamique aura pour conséquence une
répartition anormale des forces entre le fémur et l'acétabulum, et une
concentration des stress à certains points focaux de la surface
articulaire. Il y aura simultanément étirement progressif de la capsule
articulaire et du ligament de la tête fémorale. Le cartilage articulaire subit
des changements pathologiques irréversibles et perd sa capacité d'absorption des
chocs. Le processus d'arthrose est enclenché. Le remodelage progressif de la
tête fémorale, de l'acétabulum et de la capsule articulaire aura pour
conséquence de diminuer et éventuellement d'éliminer toute signe de laxité
articulaire. Il y aura alors restriction graduelle de l'amplitude du mouvement
de l'articulation coxofémorale (ankylose).
Quels sont les symptomes?
Il n'y a aucun signe clinique caractéristique ou pathognomonique
de la dysplasie de la hanche:
- Les signes cliniques peuvent être
variables d'un individu à un autre.
- Les signes cliniques peuvent varier
dans le temps sur un même individu.
- Un chien dysplasique peut ne jamais
montrer de symptômes.
- Les signes cliniques ne reflètent pas
nécessairement les lésions radiologiques.
L'origine des symptômes
cliniques diffère selon l'âge de l'animal. On divise, par conséquent, les
patients dysplasiques en deux groupes: le chien en croissance et le chien
adulte.
Le chien en croissance (< 1 an)
Les symptômes du chien en croissance sont principalement liés à
l'étirement capsulaire, à l'étirement des muscles adducteurs de la hanche et aux
microfractures de l'acétabulum.
A la fin de la croissance, la douleur
peut diminuer voire même disparaître chez certains patients suite à la fibrose
capsulaire et au remodelage acétabulaire. Cette "phase de confort" sera de durée
variable d'un animal à un autre. Si la douleur apparaît de nouveau à l'âge
adulte, elle devient alors permanente.
Les symptômes sont:
- Une
diminution de la tolérance à l'exercice.
- Une réticence à marcher,
courir, sauter et monter les escaliers. Le chien préfère s'asseoir ou se
coucher.
- Une boîterie d'un
ou des deux membres postérieurs.
- Un galop en sauts de lapin (appui
simultané des 2 postérieurs sur le sol).
Le chien adulte (> 1 an)
Les symptômes du chien adulte sont liés à la douleur chronique
consécutive à l'arthrose, ainsi qu'à une diminution de l'amplitude de mouvement,
résultant du remodelage articulaire et capsulaire. Les symptômes sont permanents
(constants ou intermittents):
- Difficulté à se lever, raideur ou
boîterie à froid.
- Diminution de l'activité physique.
-
Difficultés à sauter et à monter les escaliers.
- Boîterie d'un ou des
deux membres postérieurs.
Qu'appelle t'on angle de Norberg?
La dysplasie se mesure
actuellement par l'analyse d' un cliché radiographique des hanches en extension.
Ensuite la lecture se fait par deux points précis.
Qualité de "l'acetabulum" (
cavité dans l'os de la hanche ), Qualité de la tête de fémur, et Congruence (
accord) entre ces deux parties de l'articulation.
Mesure de l'angle de Norberg-Olsson.( voir
schéma ci-dessous)
Comment le mesure t'on?

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Les limites de
la méthode :
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Une des grosses difficultés
est la détermination des centres des têtes de fémur puisqu'ils déterminent une
des droites de base pour mesurer l'angle de Norberg-Olsson.
Une erreur de 1 mm peut provoquer un écart de
3 ° dans la mesure de l'angle !
L'autre vient de la position
requise pour la réalisation de la radio qui entraine une torsion des tissus mous
de la hanche et tend à remettre les têtes fémorales à leur place l'acétabulum,
ce qui peut masquer une subluxation. Ce.qui entraine l'apparition de faux
négatifs !
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Comment la diagnostiquer?
 Anamnèse (recueil de l'historique de l'affection)
Les données recueillies permettent d'orienter le diagnostic sans,
par contre, le confirmer, puisqu'aucun symptôme n'est pathognomonique de la
dysplasie de la hanche. Les renseignements serviront à l'élaboration du plan
diagnostique et thérapeutique.
Examen clinique
L'examen clinique est complet, car la présence d'une maladie
concommittente est relativement fréquente autant chez le chien en croissance que
chez le chien adulte:
- Chien en croissance: ostéochondrose (épaule,
coude, genou, tarse), luxation de rotule, dégénérescence des ligaments
croisés...
- Chien adulte: rupture du ligament croisé crânial,
myélopathie compressive ou dégénérative, tumeur osseuse...
-
Examen des allures:
Le chien normal a une amplitude de
mouvement normale et les pattes sont gardées parallèles et espacées. Aux
allures, les membres postérieurs touchent le sol successivement tout en gardant
une base large.
Classiquement, le chien dysplasique a une amplitude de
mouvement diminuée (foulée de faible amplitude), les pieds convergent et sont
rapprochés. Il hésite à trotter et à courir, et lorsqu'il le fait, les membres
postérieurs touchent le sol simultanément tout en gardant une base étroite
(sauts de lapin). Pour compenser cette faible amplitude de mouvement et réduire
l'inconfort, certains chiens adoptent une démarche particulière:
-
Balancement du train arrière avec rotation et abduction des membres postérieurs
(démarche "chaloupée").
- Foulée de petite amplitude au train
arrière.
- Hyperextension des jarrets en statique et en phase de
propulsion.
- Transfert du poids vers les membres antérieurs.
Le
chien peut ou non présenter une boîterie dont la sévérité est variable. Cette
boîterie est plus facilement perceptible lorsqu'elle est unilatérale ou
asymétrique.
- Examen orthopédique:
L'animal
dysplasique montre un degré variable d'atrophie musculaire de la cuisse
(symétrique ou asymétrique). Le degré d'atrophie musculaire reflète la
chronicité de la boîterie, mais aussi l'ampleur de
l'inconfort.
L'extension de la hanche et l'abduction/rotation externe de
la hanche provoque des signes d'inconfort ou de douleur chez le chien
dysplasique. Attention, l'extension de la hanche provoque aussi de la douleur
aux chiens présentant des pathologies lombaires basses ou lombo-sacrées
(arthrose, hernie discale...).
La rotation, l'extension, la flexion et
l'abduction de la hanche permettent d'évaluer l'intégrité de la surface
articulaire. la perception de crépitement indique qu'il y a remodelage
articulaire alors que la perception de "friction" indique qu'il y a érosion du
cartilage articulaire.
Chez le chien en croissance, on recherche
particulièrement la présence d'une laxité articulaire, puisqu'elle est à la base
du processus de la dysplasie de la hanche. Cette laxité est, en revanche,
parfois difficile à identifier sur un chien vigile de sorte qu'une évaluation
sous anesthésie est parfois nécessaire.
La laxité coxofémorale dynamique
peut être évaluée en mettant la main sur les hanches pendant la marche. Il y a
laxité dynamique si un déplacement dorsal et latéral du grand trochanter est mis
en évidence, ainsi que la perception d'un "cloc" lorsque le membre est mis en
charge. Ce test est très peu sensible et requiert une certaine
expérience.
Recherche du signe d'Ortolani:
Il se
recherche chez le chien en croissance. Il est perceptible sans anesthésie dans
les cas sévères, mais dans d'autres cas une anesthésie est nécessaire, pour
mettre en évidence la laxité passive.
Le chien est placé en décubitus
latéral, le fémur perpendiculaire à la colonne vertébrale. Le manipulateur tient
solidement le genou d'une main, l'autre s'appuyant sur la colonne vertébrale à
la hauteur des hanches. Une légère pression est appliquée dans l'axe du fémur en
direcion de l'acétabulum tout en effectuant une abduction. Le test est positif
s'il y a perception d'un "cloc" lors de l'abduction (signe du
ressaut).
Lorsqu'il y a étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral,
il y a subluxation dorsale de la tête fémorale suite à la pression appliquée
dans l'axe du fémur vers l'acétabulum. Le "cloc" correspond au retour de la tête
fémorale dans l'acétabulum. Un signe d'Ortolani positif signifie qu'il y a
présence d'une laxité passive donc étirement capsulaire et ligamentaire
coxofémoral. L'absence d'un signe d'Ortolani indique qu'il n'y a pas de laxité
passive donc pas d'étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral perceptible.
La hanche peut être normale ou sévèrement dysplasique (remodelage osseux et
fibrose capsulaire).
Le degré de l'angle de réduction augmente
proportionnellement à l'étirement capsulaire et ligamentaire. les chances de
développement d'arthrose coxofémorale augmentent avec l'angle de réduction. La
perception de l'angle de réduction diminue progressivement avec la progression
des lésions d'arthrose coxofémorale.
L'examen radiologique
C'est le seul moyen diagnostique définitif de la dysplasie de la
hanche. La technique validée pour l'interprétation des stades (cf fiche
les stades de la dysplasie de la hanche) est la projection ventro-dorsale
en extension du bassin (fémurs parallèles, rotules au centre de la trochlée
fémorale, colonne vertébrale et bassin bien droits et symétriques).
Cette
position permet d'évaluer subjectivement l'articulation coxofémorale. Elle
cherche à mettre en évidence la présence, ou l'absence, ainsi que la sévérité
des lésions suivantes:
- La coaptation et la congruence bonnes ou
mauvaises.
- Le remodelage coxofémoral.
- L'arthrose
coxofémorale.
Cette projection radiologique est très sensible pour
détecter les changements dégénératifs de l'articulation coxofémorale (arthrose).
Elle est donc un outil de travail primordial dans l'établissement du plan
thérapeutique. En revanche, elle est moins sensible pour détecter les défauts
de coaptation, seule lésion souvent visible chez le chien en croissance. En
effet, c'est une position qui tend à recentrer les têtes fémorales dans les
acétabulums. La coaptation est de plus fortement influencée par la position
du chien lors du cliché radiologique. Il est donc primordial de respecter les
critères techniques lors de la prise du cliché radiologique. Une anesthésie
générale peut être nécessaire pour obtenir une bonne
position.
Apparence radiographique de l'articulation
coxofémorale normale:
- Coaptation et congruence de la tête
fémorale et de l'acétabulum parfaites. Surfaces articulaires concentriques et
espace articulaire uniforme.
- Tête fémorale ronde et régulière. Col
fémoral lisse et légèrement concave.
- Acétabulum concave et profond.
Bord crânial enserrant la tête fémorale (bord crânial efficace d'angle droit).
Bord dorsal de l'acétabulum recouvrant au moins 50% de la tête
fémorale.
- Absence d'arthrose.
Apparence radiographique
de la hanche dysplasique:
- Coaptation ou congruence
insuffisantes. Divergence des surfaces articulaires. "Pincement" de l'interligne
articulaire.
- Remodelage et arthrose acétabulaire (voir schema ci-dessue): usure du bord dorsal et du bord crânial efficace
(flèche a, la couverture crâniale n'est plus enserrante), usure du bord dorsal
(flèche b, la couverture dorsale devient insuffisante), remplissage et
déformation de la cavité acétabulaire (flèche c), ostéophytes/enthesiophytes
(flèche d).
- Remodelage et arthrose fémorale (cf schéma ci-dessus):
déformation et aplatissement de la tête fémorale (flèche a), remplissage du col
fémoral (flèche b), ostéophytes ostéochondraux (flèche c), enthesiophytes du col
(ligne de Morgan, flèche d).
L'apparence des lésions et leur sévérité
varient selon l'âge de l'animal, la chronicité et l'ampleur de la maladie.
Classiquement, le chien en croissance montre un défaut de coaptation avec peu de
changements osseux, alors que l'adulte montre principalement des lésions
d'arthrose et de remodelage osseux.
Mesure de l'angle de Norberg-Olsson:
elle permet d'ojectiver la coaptation articulaire, donc de quantifier la laxité
articulaire coxofémorale apparente. Une ligne est tracée entre le centre
géométrique des têtes fémorales. Pour chaque hanche, une seconde ligne est
tracée du centre de la tête fémorale jusqu'au bord crânial efficace de
l'acétabulum. L'angle mesuré entre les deux lignes correspond à l'angle de
Norberg-Olsson.
Autres techniques
radiographiques:
- Avant de réaliser une intervention de
triple-ostéotomie du bassin, d'autres clichés permettent de mieux étudier
l'intégrité du bord acétabulaire dorsal et de sa pente: radiographie en
grenouille, DAR view (anesthésie générale, décubitus ventral, les pattes repliés
de part et d'autre du thorax en avant, tarses soulevés de 5 cm).
- Une
technique permet de mieux étudier la laxité articulaire coxofémorale: il s'agit
de la projection ventrodorsale du bassin avec stress latéral, sous anesthésie
générale (procédé PennHIP). Mais cette technique n'est pas utilisable en
France, car il faudrait connaître pour chaque race l'index de laxité articulaire
d'un grand nombre de chiens, pour n'en faire reproduire que les meilleurs 50%
Comment traiter la dysplasie?
Généralités
Il existe plusieurs options thérapeutiques. Le choix doit se faire
sur une base individuelle et peut varier dans le temps pour un animal donné. Il
doit se faire en considérant les facteurs suivants:
- Le
chien: Son âge, son poids, son tempérament, son utilisation, sa santé
globale.
- Le propriétaire: Budget, disponibilité, motivation,
environnement.
Les objectifs du traitement sont d'assurer une qualité de
vie au chien dysplasique: éliminer ou diminuer la douleur, maintenir la fonction
articulaire, garder ou rendre le chien fonctionnel et actif.
Traitement conservateur: traitement médical
Peu importe la raison pour laquelle cette option a été choisie, le
succés est plus probable et les résultats meilleurs si l'on tient compte de tous
les éléments suivants:
- Contrôle de
l'environnement:
Exercice: Favoriser l'activité
"contrôlée" pour maintenir la masse et la fonction musculaire et éviter
l'ankylose articulaire. Ex: la nage, la marche fréquente et régulière avec
périodes de repos. Cette activité régulière facilite le maintien du poids
corporel. On doit éviter les activités violentes (sauts, pivots...) ainsi que
les surfaces dures et accidentées.
Poids: L'obésité crée une
surcharge articulaire et exacerbe l'inconfort. La perte de poids peut être, à
elle seule, suffisante pour rendre un animal confortable et actif. La gestion de
l'obésité est plus facile si elle tient compte de l'alimentation et de
l'activité du patient. Un aliment a été conçu pour les chiens souffrant de
problèmes arthrosiques: V DIET MOBILITY SUPPORT: il aide à maintenir le
poids, la masse musculaire, et contient des chondroprotecteurs pour lutter
contre l'arthrose.
Physiothérapie: Le mouvement passif des
articulations et les massages musculaires contribuent au bien-être du patient en
favorisant la circulation sanguine au niveau musculaire et en maintenant
l'amplitude articulaire. Le mouvement passif des membres ne remplace cependant
pas l'activité physique (physiothérapie active).
- Les
médicaments:
- Les
anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): ce sont les médicaments les plus
utilisés dans le traitement de l'arthrose. Ils procurent une analgésie et un
effet anti-inflammatoire variables selon le médicaments choisi. Certains
auraient de plus un pouvoir chondroprotecteur (RIMADYL). Ils peuvent être
utilisés pour traiter les phases aigues de la maladie, ou en permanence pour
certains (RIMADYL) lors de douleur chronique.
- Les médicaments
"chondroprotecteurs": ce sont des suppléments nutritifs qui ont des propriétés
anti-inflammatoires (diminution de la synovite) et chondroprotectrices
(diminution de la dégradation du cartilage articulaire). Ils peuvent donc
améliorer le confort des patients (prouvé cliniquement) et ralentir la
progression de l'arthrose (prouvé expérimentalement). Leur efficacité est
supérieure lorsqu'ils sont utilisés tôt dans l'évolution de la maladie et dans
les cas d'arthrose minimale à modérée (ne pas attendre que l'arthrose soit très
développée pour les utiliser!). On les retrouve sous forme injectable (ADEQUAN)
ou en comprimés (LYPROFLEX, FLEXIVET...).
- D'autres médications peuvent
être utilisées: oligo-éléments pour lutter contre la laxité articulaire chez le
jeune en croissance (SOUFRE, FLUOR, MANGANÈSE OLIGOSOLen alternance), injections
d'acides gras pour lutter contre la douleur à long terme (ARA 3000 beta)... En
revanche, les corticoïdes présentent peu d'intérêt et beaucoup d'effets
secondaires indésirables.
- La médecine alternative
(homéopathie, acupuncture, ostéopathie):
Ces
techniques alternatives peuvent parfois donner de bons
résultats.
Traitement chirurgical
Au fil des années, plusieurs techniques chirurgicales ont été
utilisées. Certaines ont été abandonnées, d'autres modifiées. Aujourd'hui,
ces procédures chirurgicales nous permettent d'espérer un pronostic favorable
chez presque la totalité des chiens souffrant de dysplasie de la
hanche.
- La triple ostéotomie du bassin
(TOB):
la TOB est considérée comme le traitement de choix
de la dysplasie de la hanche. Elle élimine la douleur, permet le retour à une
vie active, arrête ou ralentit significativement la progression de l'arthrose,
et elle préserve l'articulation coxofémorale.
Le principe consiste à
sectionner l'hémipelvis à trois endroits afin de permettre une rotation
ventrolatérale de la cavité acétabulaire. L'hémipelvis est fixé dans cette
position à l'aide d'une plaque orthopédique spécialement conçue. Cette
relocalisation de l'acétabulum assure une couverture acétabulaire pour la tête
fémorale et conséquemment une meilleure coaptation articulaire.
Les
candidats à ce type de chirurgie sont des chiens en croissance répondant à des
critères précis: présence clinique ou radiologique de laxité articulaire
dynamique, l'articulation coxofémorale doit encore être saine avec une tête
fémorale ronde et une cavité acétabulaire profonde, le cartilage articulaire
doit être intègre, absence de lésions d'arthrose ou arthrose minimale,
couverture dorsale insuffisante. Lorsque la dysplasie a évolué avec des
remaniements osseux et la présence d'arthrose, il devient trop tard pour
pratiquer cette intervention.
Un repos complet de 6 à 8 semaines est
nécessaire après l'opération. Seule des courtes sorties en laisse et au pas sont
permises; cette opération n'est pas possible si votre chien court toute la
journée dans votre jardin avec d'autres!
Les complications sont rares et
se soignent: déficit neurologique, défaillance des implants,
infection.
Chirurgie du membre opposé en cas de dysplasie bilatérale: 2 à
6 semaines suite à la première intervention selon l'âge du patient et
l'évolution de la maladie. La venue de nouveaux implants permet d'opérer
aujourd'hui simultanément les deux hanches (cf radio ci-dessus).
-
L'arthroplastie coxofémorale par exérèse de la tête et du col
fémoral:
Pour des raisons économiques et tecniques, cette
chirurgie est la plus utilisée dans le traitement de la dyplasie de la
hanche.
Elle élimine la douleur chez la majorité des patients (85% des
cas), elle permet le retour à une vie fonctionnelle, avec un degré d'activité
variable selon le patient. L'articulation n'est pas préservée. Les résultats
sont excellents sur les petits chiens, bons sur les gros chiens lors de
dysplasie unilatérale, variables sur les gros chiens lors de dysplasie
bilatérale.
Il y a exérèse de la tête et du col fémoral. L'articulation
sera dorénavant supportée par la musculature locale et par la formation d'une
fausse articulation fibreuse. L'amplitude de mouvement définitive de cette
fausse articulation est dépendante de l'élasticité di tissu fibreux. Le succés
de l'intervention repose sur l'utilisation rapide du membre opéré (élasticité
accrue du tissu fibreux).
Théoriquement, tous les chiens peuvent subir
cette intervention; en revanche le pronostic varie d'un sujet à l'autre selon
ses caractéristiques physiques et son tempérament. Les meilleurs candidats sont
les chiens à tempérament fougueux, actifs malgré la dysplasie, ceux ayant une
masse et un tonus musculaire acceptables, les chiens pesant moins de 25
kg.
Après l'opération, il faut favoriser l'utilisation rapide du membre.
Des anti-inflammatoires seront administrés de façon prolongée pour favoriser
l'utilisation du membre. La physiothérapie est utile après
l'intervention.
Les complications sont rares, et consistent en une
douleur persistante due à un contact "os-os" entre le site d'ostéctomie fémorale
et l'acétabulum.
Lors de dysplasie bilatérale, il faut respecter un
minimum de 8 semaines entre les deux interventions. Idéalement, le membre opposé
est opéré lorsque le premier membre est fonctionnel et non douloureux (4 mois et
plus).
- L'arthroplastie coxoféorale par mise en
place d'une prothèse totale de la hanche:
C'est la
meilleure alternative à la TOB du point de vue fonction et mécanique de la
hanche, particulièrement chez les très gros chiens. Son prix en limite en
revanche l'utilisation.
Elle élimine la douleur, permet une utilisation
rapide du membre, un retour à la vie active, et améliore le pronostic des chiens
de grande race et de race géante. L'articulation n'est pas préservée.
Il
y a exérèse de la tête fémorale et d'une portion de col fémoral, et mise en
place d'une prothèse fémorale. Il y a approfondissement et modelage de
l'acétabulum puis mise en place de la prothèse acétabulaire. La prothèse est
maintenue en place à l'aide de ciment à os pour les prothèses cimentées ou à
l'aide de vis pour les prothèses non cimentées.
Tout comme
l'arthroplastie par exérèse de la tête et du col fémoral, cette méthode
chirurgicale en est une de dernier recours. Elle est généralement recommandée
lorsque les symptômes sont persistants et qu'ils entraînent un inconfort
chronique et non traitable par l'approche conservatrice.
Certains
critères doivent être respectés: chiens de plus de 20 kg, chiens dont la période
de croissance active est terminée, absence de problèmes neurologiques
concommittants, absence de toutes sources d'infection (dermatite, cystite,
otite....) lorsque la prothèse utilisée est cimentée.
Après l'opération,
un repos de 8 semaines est nécessaire. Une réévaluation annuelle est
recommandée.
Selon le type de prothèse utilisé, le taux de complications
varie de 5 à 15%. Elles sont souvent majeures et nécessitent généralement une
seconde intervention chirurgicale: luxation de la hanche, décollement aseptique
de l'implant, décollement septique de l'implant (ostéomyélite),
fracture.
Lors de dysplasie bilatérale, il faut respecter un intervalle
d'au moins 16 semaines entre les deux interventions.
- La symphysiodèse juvénile:
La symphysiodèse
juvénile est une nouvelle technique chirurgicale pour traiter la dysplasie de la
hanche. Elle est en fait une méthode préventive puisqu'elle est réalisée, dès le
très jeune âge, sur des chiots asymptômatiques jugés susceptibles de développer
une arthrose coxofémorale.
Il y a cautérisation de la symphyse pubienne
(moitié crâniale de la symphyse pubienne) qui entraîne une nécrose thermique des
chondrocytes germinaux. Cette nécrose a pour conséquence une fermeture
prématurée et une union osseuse de la symphyse. La portion ventromédiale du
bassin demeure ainsi sous-développée alors que sa portion dorsolatérale croît
normalement. Il en résulte une rotation ventrolatérale de l'acétabulum au dessus
de la tête fémorale et une amélioration de la couverture dorsale et de la
conformation de la hanche.
L'ampleur de la ventrolatéralisation de
l'acétabulum est directement associée à l'âge du patient lors de l'intervention
chirurgicale. Cette intervention améliore de façon sugnificative la conformation
du bassin lorsqu'elle est réalisée à 15 ou 20 semaines d'âge. L'amélioration est
cependant plus appréciable si l'intervention est réalisée à 15 plutôt qu'à 20
semaines.
Tout chiot de moins de 20 semaines avec une laxité articulaire
passive jugée à risque pour le développement eventuel d'arthrose coxofémorale
est candidat pour cette intervention. L'index de laxité, mesuré à partir de la
méthode PennHIP est , pour l'instant, l'outil utilisé pour déterminer la
susceptibilité au développement de l'arthrose. Théoriquement, tous les chiens
dont l'index est supérieur à 0,3 sont considérés susceptibles. Cette valeur
était donc celle utilisée dans les différentes études.
Cependant, la
majorité des chiens ont un index de laxité supérieur à 0,3, et une importante
proportion de chiens avec un index supérieur à 0,3 ne développent jamais
d'arthrose, donc ne requièrent pas cette intervention. Le candidat idéal est
donc difficile à définir.
Les complications sont rares et généralement
bénignes
Peut-on prévenir la dysplasie?
Au niveau du Club de race
Il faut tout d'abord faire un état des lieux, pour déterminer
l'incidence de la dysplasie coxofémorale dans la race. Pour celà, il faut
recueillir le plus grand nombre de radiographies possible. Cependant, les
résultats sont faussés par le fait que beaucoup de propriétaires n'envoient pas
les radiographies lorsque leur chien est dysplasique. Les chiffres que possèdent
les clubs quant à l'incidence de la dysplasie coxofémorale dans leur race sont
donc souvent trop optimistes.
Une fois connue l'incidence de la dysplasie
coxofémorale dans la race, il faudra déterminer une pression de sélection pour
éradiquer cette affection.
La pression de sélection pourra être très
forte (les reproducteurs doivent tous être stade A) si la race a une effectif
important, si l'incidence de la dysplasie est faible, et s'il n'y a pas en même
temps d'autres tares concommittantes (cardiopathies, tares oculaires...) que
l'on voudra éliminer.
Au contraire, pour préserver un pool génétique
suffisant, la pression de sélection ne devra pas être trop forte dans un premier
temps (on accepte les reproducteurs A, B, C, voire plus), lorsque la race est à
faible effectif, que l'incidence de la dysplasie de la hanche est élevée,
lorsqu'il y a beaucoup d'autres tares génétiques que l'on veut éradiquer en même
temps.
Au niveau de l'éleveur
L'éleveur ne devrait faire reproduire que les sujets exempts de
dysplasie, ou au moins suivre les recommandations du Club (par exemple A avec A,
A avec B, A avec C, et B avec B).
De nombreux gènes sont en cause, avec
un effet additif: il faudrait donc aussi essayer d'élever seulement avec des
sujets dont tous les ascendants sont indemnes, ainsi que les collatéraux
(frères, soeurs...). Un chien radiologiquement indemne mais dont plusieurs
ascendants et frères et soeurs sont atteints de dysplasie de la hanche aura de
fortes chances de produire des chiots touchés par l'affection, celà s'est
maintes fois vérifié.
La sélection sur la descendance est encore plus
importante: ils faut essayer de privilégier dans un élevage les sujets reconnus
pour produire des rejetons indemnes de dysplasie de la hanche.
Pour
choisir dans une portée les futurs reproducteurs, une radiographie à l'âge de 6
mois donne une bonne idée de ce que seront les hanches une fois le chien devenu
adulte. Il faut aussi tenir compte de la laxité articulaire. Pour celà, le
procédé PennHIP est très intéressant, car il permet de repérer précocément les
sujets dont l'index de laxité les confirme dans les meilleurs de leur
race.
Au niveau du propriétaire
Le but est d'avoir un chien exempt de dysplasie, qui pourra
accompagner son maître toute sa vie et pratiquer de multiples
activités.
Nous avons vu l'équation déterminant cette affection:
Phénotype = Génotype + environnement
On ne peut sur un chiot
de deux mois déterminer s'il sera ou non dysplasique. Mais le propriétaire
mettra toutes les chances de son côté en achetant un chiot dans un élevage qui
favorise la reproduction de sujets de conformation excellente et dont la lignée
est exempte de dysplasie de la hanche depuis plusieurs
générations.
Ensuite, quand le chiot sera à la maison, il s'agira de
l'élever dans un environnement (exercice, alimentation...) limitant les chances que cette affection se développe.
Conclusion
Il s'avère que la dysplasie coxo-fémorale est
un sujet extremement complexe.
Origine génétique de type
quantitatif, c'est à dire que même un sujet indemne porte surement des gènes
qui générent la dysplasie !
Même génétiquement dysplasique, un
chien peut avoir des hanches en état !
Intervention directe de multiples facteurs,
alimentation , exercice, traumatisme . . .
Méthode de lecture qui
nécessite une extrème précision pour la mesure de l'angle et qui peut
générer de faux négatifs !
En résumé, il n'est pas possible se s'en
sortir en déclarant que l' on est ou on n'est pas dysplasique.
Par contre, une chose est
sûre, une bonne voire une excellent musculature de fond, aide beaucoup au
maintien des os du bassin en place, et permet même en cas de pépin de
limiter les difficultés rencontrées à de l'arthrose
La dysplasie de la hanche : classification
FCI
On classifie les différents stade de dysplasie, avec des lettres :
Stade A: aucun signe de dysplasie coxo-fémorale (photo
ci-dessous).
Angles de Norberg-Olsson égaux ou supérieurs à 105°: absence
d'arthrose; bonne couverture dorsale (recouvre au moins 50% de la tête fémorale)
et crâniale; bonne coaptation.
Stade B: état sensiblement normal
1er cas: angles de Norberg-Olsson égaux ou supérieurs à 105°,
avec une coaptation insuffisante, ou une couverture dorsale insuffisante; de
légers signes d'arthrose sont possibles.
2ème cas: angles de
Norberg-Olsson compris entre 100° et 105°, avec une bonne coaptation et une
bonne couverture dorsale; de légers signes d'arthrose sont
possibles.
Stade C: dysplasie légère
Angles de Norberg-Olsson compris entre 100° et 105°, avec une
couverture dorsale insuffisante ou une coaptation insuffisante; des signes
d'arthrose sont possibles.
Stade D: dysplasie moyenne
Angles de Norberg-Olsson compris entre 90° et 100°; coaptation
insuffisante, couverture dorsale insuffisante, des remaniements arthrosiques des
têtes et cols fémoraux et/ou des acétabulums sont fréquemment
observés.
Stade E: dysplasie sévère
Angles de Norberg-Olsson < 90°; sub-luxation ou luxation des
têtes fémorales; arthrose très fréquente.

La dysplasie du coude
[Photo : Radiographie de profil d'un coude
normal]
La dysplasie du coude regroupe en fait plusieurs affections bien distinctes
(voir la fiche santé consacrée à chacune): la non-union du processus
anconé, la fragmentation du processus coronoïde médial,
l'ostéochondrose de la trochlée humérale, et l'incongruence
articulaire
Quels sont les chiens atteints par la dysplasie du
coude?
Ce sont plutôt les chiens de moyenne et grande race: le
Terre-neuve, le Bouvier bernois, le Berger allemand, le Labrador, le Golden
retriever, le Rottweiler, le Leonberg, le Saint-Bernard, le Dogue de Bordeaux,
ainsi que de nombreuses autres races...
Il existe une prédisposition
génétique, et les cas sont plus fréquents dans certaines lignées.
C'est
pourquoi un programme d'éradication de la dysplasie du coude doit être mis en
place par les Clubs des races concernées, en radiographiant les coudes des
reproducteurs, et ensuite en éliminant de la reproduction les chiens atteints
(ou tout au moins en ne les croisant pas entre eux, car l'incidence de cette
affection est tellement importante dans certaines races qu'il n'est pas possible
d'éliminer de la reproduction tous les chiens atteints (celà diminuerait de
façon dangereuse le pool génétique).
Quels sont les symptômes de la dysplasie du
coude?
Les symptômes peuvent apparaître dès l'âge de 4,5 mois, sous
forme d'une boîterie d'un antérieur. Lorsque les deux antérieurs sont atteints,
la boîterie peut être bilatérale, souvent plus prononcée sur un
membre.
Certains chiens ne boîtent pas pendant la croissance; mais avec
le développement de l'arthrose, une boîterie apparaît au fil des années, ainsi
qu'une ankylose du coude, avec une douleur à la flexion et à
l'extension.
A la palpation du coude, on palpe souvent chez le jeune en
croissance une dilatation du récessus synovial entre le condyle latéral et
l'olécrâne du coude dysplasique; avec le développement de l'arthrose, des
reliefs osseux sont palpables, et le coude augmente de volume.
La gravité
des symptômes est variable. Certains chiens ne boîtent pas du tout jeunes, et
légèrement en vieillissant, alors que d'autres chiens sont réellement très
handicapés.
Quelles sont les causes de la dysplasie du
coude?
Tout comme pour la dysplasie de la hanche, les causes de la
dysplasie du coude sont génétiques (d'où l'importance de la sélection de
reproducteurs indemnes), avec une intervention de facteurs environnementaux:
nutritionnels (excés de calories, de calcium, de protéines...), traumatiques (en
particulier au niveau des cartilages de croissance de l'ulna et du radius), sol
glissant (favorisant des aplombs panards devant, avec comme conséquence une
pression excessive sur le cartilage de croissance de l'ulna, qui peut grandir
moins vite que le radius).
Ces causes prédisposantes peuvent provoquer
des lésions d'ostochondrose dans le coude, ainsi qu'une dysharmonie entre la
croissance du radius et de l'ulna. Or, pour que le coude se forme normalement,
il faut que ces deux os de l'avant-bras aient des longueurs compatibles. Ils
croissent grâce à des cartilages de croissance distincts et indépendants. Si
l'un de ces cartilages de croissance vient à dysfonctionner, celà aura des
conséquences sur la longueur des deux os et donc provoquera une dysplasie du
coude.
Comment savoir si mon chien est atteint d'une dysplasie
du coude?
En faisant une radiographie des coudes.
Cette
radiographie se réalise pendant la croissance en cas de boîterie d'un ou des
deux antérieurs, ou à l'âge adulte (en général dès l'âge de 12 mois) chez le
chien destiné à la reproduction ou au travail (agility, ring...). Une
pré-radiographie peut être réalisée à l'âge de six mois.
Traitement de la dysplasie du coude
Traitement chirurgical
Il doit être
réalisé pendant la croissance, le plus précocément possible (dès 4,5-5 mois pour
la non-union du processus anconé), avant que l'arthrose ne se développe. La
décision d'opérer sera prise en tenant compte de la gêne, du pronostic, de
l'utilisation du chien... L'opération permet en général de diminuer la
boîterie, et de retarder le développement de
l'arthrose.
Traitement médical
Il sera
entrepris en remplacement ou en complément du traitement chirurgical, le plus
précocément possible pour les chondroprotecteurs. Il s'agit du traitement de
l'arthrose et des douleurs qui l'accompagnent,
La non-union du processus anconé
[ Photo : Radiographie de profil d'un coude
atteint de non-union du processus anconé, à comparer avec la radiographie d'un
coude normal de la fiche "la dysplasie du coude".]
La non-union du processus anconé fait partie des 4 affections regroupées sous
le terme de "dysplasie du coude". Le processus anconé est
normalement soudé au reste de l'olécrâne à l'âge de 4,5 mois.
La
non-union du processus anconé peut résulter d'une croissance insuffisante de
l'ulna par rapport au radius (suite à un traumatisme du cartilage de croissance
de l'ulna par exemple); l'extrémité distale de l'humérus appuie alors
anormalement sur le processus anconé, qui est repoussé en arrière et ne se soude
pas au reste de l'olécrâne. L'instabilité du coude, sa mauvaise congruence,
le processus anconé mobile, provoquent une inflammation puis de
l'arthrose.
La non-union du processus anconé peut aussi résulter d'une
ostéochondrose de son cartilage de croissance, avec un défaut
d'ostéogénèse.
La non-union du processus anconé se rencontre le plus
fréquemment chez le Berger allemand, mais aussi dans plusieurs autres grandes
races.
La boîterie apparaît souvent dès l'âge de 4,5 mois; le chien a
tendance à écarter son coude malade du corps ou à reporter latéralement
l'extrémité du membre antérieur boîteux. La boîterie augmente avec
l'exercice.
Le traitement chirgurgical est recommandé dès l'âge de 4,5-5
mois: il s'agit une ostéotomie de l'ulna, qui permet, lorsqu'elle est réalisée
de façon précoce, de permettre la soudure du processus anconé au reste de
l'olécrâne dans les semaines qui suivent l'intervention. La boîterie disparaît
le plus souvent, ou est au moins nettement atténuée. Des chondroprotecteurs
sont cependant recommandés, en cures, pour lutter contre le développement de
l'arthrose.
La fragmentation du processus coronoïde
médial
La fragmentation du processus coronoïde médial est l'une des 4
affections regroupées sous le terme de "dysplasie du coude" .
La cause peut être une croissance excessive de l'ulna par rapport
au radius; les forces exercées sur l'articulation du coude se retrouvent alors
concentrées sur le processus coronoïde médial, qui peut se fragmenter. Les
éléments fragmentés gènent le fonctionnement articulaire, et sont à l'origine
d'une inflammation, puis d'un développement d'arthrose.
Les grandes races
sont prédisposées: Bouvier bernois, Labrador...
La boîterie apparaît
souvent dès l'âge de 6 mois; le chien a tendance à tenir l'extrémité de son
antérieur en légère rotation externe. La boîterie est bien visible à froid,
après une longue période de repos. Elle diminue avec l'exercice modéré, mais
s'exacerbe lors d'exercice important. Il arrive que cette légère boîterie
survenant pendant la croissance disparaisse spontanément (ou même qu'aucune
boîterie ne soit observée pendant la croissance). Puis, avec le développement de
l'arthrose, la boîterie réapparaît vers 3-4 ans voire même plus tard. Cette
boîterie alors d'origine arthrosique survient préférentiellement à froid, ou
après un long exercice. La douleur (et donc la boîterie), est très variable d'un
animal à un autre, et évolue par crises plus ou moins prolongées, séparées par
des phases de rémission de durée variable. A terme, l'arthrose évolue vers
l'ankylose de l'articulation dont la mobilité se trouve progressivement
réduite.
Le traitement chirurgical doit être entrepris de façon précoce,
avant le développement de l'arthrose; il consiste à éliminer les fragments de
processus coronoïde; cependant, il ne permet pas de retrouver toutes les
qualités mécaniques du coude, et de l'arthrose peut quand même se développer,
toutefois de façon moins importante qu'en l'absence d'opération.
Le
traitement médical consiste à gérer l'arthrose .
L'ostéochondrose de la trochlée humérale
L'ostéochondrose de la trochlée humérale fait partie des 4
affections regroupées sous le terme de "dysplasie du coude" .
L'ostéochondrose correspond à une perturbation du fonctionnement
d'un cartilage de croissance: il y a un défaut de fonctionnement du pôle
d'ostéogénèse.
Au niveau du coude, l'ostéochondrose siège souvent sur la
lèvre médiale de la trochlée humérale. Elle se traduit en début d'évolution par
un épaississement du cartilage articulaire et, à terme, au stade
d'ostéochondrite disséquante, par le détachement d'un fragment de cartilage
articulaire. Celui-ci entrave considérablement le jeu articulaire; le glissement
des surfaces articulaires en regard ne peut plus s'effectuer correctement. Le
lambeau de cartilage détaché est responsable d'inflammation
articulaire.
La boîterie est souvent très importante (elle peut
apparaître dès l'âge de 4 mois, jusqu'à 12 mois), et l'opération est nécessaire:
il s'agit d'exciser le lambeau de cartilage détaché, et d'éliminer la partie
superficielle d'os atteint, jusqu'à retrouver l'os sain.
Cette opération
donne de bons résultats. Cependant, d'autres anomalies peuvent être
concommittentes (fragmentation du processus coronoïde médial, incongruence
articulaire). Il est préférable de poursuivre des cures de chondroprotecteurs
après l'opération pour lutter contre le développement de l'arthrose .
L'incongruence articulaire
L'incongruence articulaire fait partie des 4 affections
regroupées sous le terme de "dysplasie du coude" .
Le
schéma ci-dessus montre les 3 types d'incongruence articulaire que l'on peut
renconter dans le coude:
- Figure n° 2: un ulna trop long par rapport au
radius (dans les cas importants, celà peut causer une fragmentation du processus
coronoïde médial .
- Figure n° 3: un ulna trop court par
rapport au radius (dans les cas importants, celà peut causer une non-union du
processus anconé .
- Figure n°1: le 3ème cas correspond à
l'incongruence des surfaces articulaire entre elles. Prenons l'exemple d'une
incongruence entre l'incisure trochléaire de l'ulna et la trochlée humérale.
Normalement, cette incisure s'adapte parfaitement à la trochlée humérale.
L'articulation est dite congruente. Dès lors que l'incisure trochléaire ne
répond plus exactement à la trochlée humérale, l'articulation devient
incongruente.
L'incongruence fait que l'articulation ne fonctionne plus
dans des conditions mécaniques normales, et le cartilage articulaire subit une
dégénérescence, il y a formation d'arthrose.
Dans les cas importants, une
boîterie est observée entre l'âge de 6 et 12 mois.
En cas d'incongruence
peu accusée, la boîterie peut n'apparaître qu'au bout de quelques années, avec
le développement de l'arthrose, voire jamais.
Le traitement
chirurgical (correction de la différence de longueur entre le radius et l'ulna)
ne sera entrepris qu'en cas d'incongruence sévère. Dans la plupart des cas, seul
un traitement médical sera entrepris: il s'agit du traitement de l'arthrose.
Laxité ligamentaire des poignets
La
laxité ligamentaire et/ou articulaire est un problème fréquemment rencontré chez
les grandes races en croissance.
La laxité ligamentaire au niveau des
poignets (carpes) se manifeste par des aplombs défectueux, de profil (tendance
"plantigradie"), et de face (tendance "panard" avec les pieds qui se tournent
progressivement vers l'extérieur).
 Ermes du Moulin des Sentolines, 2,5 mois Les aplombs du
chiot doivent être surveillés dès qu'il commence à
marcher
La laxité ligamentaire des carpes peut, par les
défauts d'aplombs décrits plus haut, provoquer des pressions excessives au
niveau du cartilage de croissance de l'ulna (cubitus), et ainsi une croissance
moins importante de l'ulna par rapport au radius. L'aplomb devient incorrect
("panard", "antérieurs en lyre"), et le raccourcissement de l'ulna peut même
provoquer une congruence imparfaite voire une non-union du processus anconé
(regroupés sous le terme de "dysplasie du coude").
 Cas extrême de panardise chez un chiot Rottweiler: radius
curvus et dysplasie du coude
C'est pourquoi la laxité
articulaire des carpes ne doit pas être négligée.
En ce qui concerne les
postérieurs, la laxité articulaire des
jarrets (tarses) ne donne pas de défauts d'aplombs à condition que les tarses ne
soient pas serrés; elle se manifeste surtout lors de la démarche par un
"ressaut", mais celà redevient en général normal à la fin de la croissance.
Mais si les jarrets (tarses) sont "serrés", c'est à dire proches l'un de
l'autre, il y a de fortes chances que la laxité ligamentaire provoque des
aplombs des postérieurs panards (on obtient alors un
"chiot-canard".
Voici quelques conseils pour lutter contre la
laxité ligamentaire des carpes:
Alimentation et compléments
Nous conseillons de garder le chiot plutôt mince pendant sa croissance,
en donnant un régime à densité énergétique réduite, en quantité mesurée; l'idéal
est de sentir les côtes du chien à la palpation.
Les croquettes pour
chiot spéciales "grandes races" conviennent tout à fait à la croissance d'un
chiot de grande race, car elles auront une densité énergétique plus réduite que
le "puppy normal".
Nous ne conseillons pas de rajouter de vitamines, qui
sont en quantité largement suffisante dans les croquettes (à condition qu'elle
ne soit pas proches de la date de péremption).
Nous ne conseillons pas
non plus de rajouter de minéraux (Calcium), qui sont en quantité suffisante dans
les croquettes. La tendance actuelle va au contraire vers une diminution de
l'apport en Calcium chez les races géantes en croissance par rapport aux petites
races, et les croquettes "puppy grande race" contiennent moins de Calcium que
les croquettes "puppy normal" (environ 1-1,1% au lieu de 1,6%). Les
fabricants se sont fondés sur une étude réalisée sur des Dogues allemands, qui a
démontré qu'un apport en Calcium > 3% MS (matière sèche) augmentait
l'incidence des pathologies ostéo-articulaires. Mais le taux de calcium des
croquettes "puppy normal" convient tout à fait aux grandes races. Le taux de
Calcium d'une croquette destinée à un chiot en croissance ne doit pas être
inférieur à 1% MS, et ne pas dépasser 2% (la bonne moyenne est entre 1,2 et
1,6%), et il doit y avoir un peu moins de Phosphore que de Calcium (environ 20%
de moins).
Noter que les croquettes "puppy grande race" ne conviennent
pas à une chienne gestante ou allaitante, car il s'agit en fait de croquettes
"puppy allégées".
Nous conseillons d'autre part des oligo-éléments, qui
donnent souvent de bons résultats dans les cas de laxité ligamentaire: donner
alternativement (un le lundi, l'autre le lendemain...) FLUOR OLIGOSOL, MANGANESE
OLIGOSOL et SOUFRE OLIGOSOL. Nous conseillons cette cure en général 3 mois; à
l'issue de cette période la laxité ligamentaire est souvent nettement
diminuée.
D'autres compléments alimentaires existent et sont souvent
utilisés (STRONCAL ND, OSTEOCYNESINE ND, CANIPLASINE ND....), mais aucune étude
n'a réellement démontré leur efficacité. On peut cependant les donner sans
danger, et certains éleveurs en sont très satisfaits; CANIPLASINE en particulier
semble donner de bons résultats.
Enfin, il faut éviter les compléments à
base de Calcium et de vitamines si le chiot est déjà nourri aux croquettes;
éviter aussi les injections de Calcitonine voire d'anabolisants: leur effets
sont plus néfastes qu'utiles dans les troubles de la croissance du
chiot.
Enfin, des médications homéopathiques peuvent être indiquées lors
de laxité ligamentaire. Mais il n'y a pas de recette, il est préférable, si l'on
souhaite utiliser l'homéopathie, de consulter un Vétérinaire homéopathe, qui
prescrira un médicament homéopathique adapté au "terrain"du chiot; ainsi, selon
les cas, on pourra prescrire Calcarea fluorica, dans d'autres cas Calcarea
carbonica, Calcarea ostreica... dans des dilutions diverses.
Exercice
Observation n°1: Un chiot élevé dans un endroit
confiné, sans exercice, prend peu à peu des défauts d'aplombs avec en
particulier une laxité ligamentaire des carpes. Nous l'avons en particulier
observé sur un chiot saisi qui avait vécu 6 mois dans un placard, et dans une
animalerie sur plusieurs chiots de grande race invendus qui n'étaient jamais
sortis de leur cage à 6-8 mois (ce qui est aussi scandaleux que le
placard).
Observation n°2: Lorsque l'on met une
attelle, ou un gros pansement remontant jusqu'au coude, sur une chiot en
croissance (lors de fracture de doigt par exemple), on observe lors du retrait
du pansement l'apparition d'une laxité ligamentaire du carpe.
Ainsi,
nous pensons que l'absence complète d'exercice aggrave la laxité ligamentaire
des carpes.
Nous recommandons donc en cas de laxité ligamentaire un
exercice raisonnable, sous forme de marches (sur un sol non glissant).

Bouba du clos valeone
Le sol
Statistiquement, les chiots de grande race élevés en appartement sur du
carrelage ont beaucoup plus de problèmes de laxité ligamentaire et de défauts
d'aplombs que les chiots élevés dans un jardin.
Il faut donc proscrire le
carrelage pour les chiots présentant une laxité ligamentaire des carpes. Si vous
êtes en appartement, vous pouvez mettre des chutes de moquette jusqu'à la fin de
la croissance de votre chiot.

Sam du clos valeone
En conclusion, ces quelques conseils
devraient vous permettre d'obtenir une croissance harmonieuse pour votre chiot,
avec de bons aplombs solides devant et derrière:
NB: dans ce petit guide de conseils pour
le propriétaire d'un chiot, nous n'avons pas abordé l'aspect génétique; il est
évident que la laxité ligamentaire, la laxité articulaire et les défauts
d'aplombs ont aussi une composante génétique: il faut en tenir compte dans la
sélection des reproducteurs.
Articles rédigés et transmis par Sébastien Mirkovic
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